C'est un territoire sauvage, riche en paysages : montagnes verdoyantes et spectaculaires, gorges profondes, falaises abruptes, plaine accueillante, torrents bouillonnants…
Sur ce territoire vit un bel animal, qui possède plusieurs têtes, onze. Une espèce de dragon, mais celui-ci ne crache pas le feu, il n'est pas agressif. Cet animal, seigneur des lieux vit à proximité d'autres sur les territoires voisins, ils sont de la même espèce que lui.
Sa peau a une faculté étrange : lorsque ses têtes sont en accord entre elles, elle prend une belle couleur chaleureuse, visible de loin, incroyablement lisse et nette. Lorsqu'une divergence d'esprit, d'orientation survient, sa peau craquelle, perd sa couleur, celle-ci s'estompe, devient pastel jusqu'à la transparence, ces contours s'amenuisent, la présence de l'animal diminue sur son territoire. C'est très dangereux, la nature a horreur du vide.
Sur ce territoire vit une quantité de fourmis, mais point de véritable fourmilière, plutôt un espace de transit, de passage pour certaines d'entre elles. Pour d'autres, les nouvelles arrivantes, un lieu de tranquillité loin de ces mêmes fourmilières agitées qui bordent le territoire. Bien sûr des fourmis de souche vivent sur place, mais plutôt disséminées, rarement en fourmilière digne de ce nom.
Ces derniers temps, le dragon regarde sa peau. Elle est pâlotte, distendue, ces têtes ont tendance, suivant les circonstances et les besoins, de s'écarter, seule ou à plusieurs, vers d'autres dragons, pour y vivre une aventure.
Pourtant, dernièrement, cette peau a repris de la couleur quand un tapir, mangeur de fourmis a voulut installer son nid sur son territoire, à la combe noire. Les fourmis se sont unies entre elles, puis avec celles des territoires voisins pour prévenir le dragon et éloigner le danger.
Ces fourmis reconnaissent comme leur chef ce dragon, elles sont attentives à son humeur, à la direction que prennent les têtes, à l'union ou la désunion de ces dernières. Les indicateurs les plus fort restent la couleur de cette peau et sa texture. Si par malheur la couleur s'affaiblit et que la peau se fendille, alors les fourmis s'inquiètent, diminuent leurs activités, perdent leurs repaires. Les ouvrières ralentissent le rythme, perdent leur énergie. Dans les couveuses, les soins et l'éducation sont délaissés… Les soldats, acteurs pour le bien être de leurs semblables, deviennent individualistes, dépensent beaucoup d'énergie seul, alors qu'ils savent que "l'union fait la force".
Aujourd'hui, notre dragon a repris sa couleur pâlotte et les fourmis s'ankylosent un peu. Les petits des fourmis, qui distinguent à peine le dragon (il leur faudrait une échelle), ne se voient pas faire une fourmilière ici, et puis être soldat ou ouvrière pour qui, pour quoi ?
(Métaphore pour accompagner une politique jeunesse locale)