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Nom du blog :
leshistoiresderemi
Description du blog :
Métaphores créées pour accompagner équipes ou organisations dans leur développement...
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
17.03.2007
Dernière mise à jour :
26.06.2007
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06 - Mineurs Majeurs

06 - Mineurs Majeurs

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Anges poussiéreux couverts d'une poudre fine et sombre, ils sortent un à un d'un monte-charge suspendu à un câble tiré par une roue grinçante. Dernière remontée, peut être, mais ils retourneront dans ces profondeurs obscures de temps en temps, par la pensée au moins.

Ils en ont poussé des wagons dans ces boyaux interminables aux recoins inquiétants, parfois sales, parfois surprenants. D'abord creuser le puits, puis avec le temps, des galeries sous la surface et de plus en plus profond, pour y extraire des chariots de matière. Chacun dans son boyau, chacun derrière son wagon, chacun ses courbatures, chacun ses blessures.

Ils en ont pensé des choses, bonnes ou mauvaises, ressassé le passé, parier sur l'avenir. Ce boyau est mon boyau, ce que j'en retire me construit. Telle la larve de l'insecte dont l'œuf a été pondu entre le tronc et l'écorce, c'est là que je me suis construis. De cette coquille restante me reste le souvenir d'une histoire. C'est cette coquille qui m'attache à ce passé. Je la mange, m'en nourri pour la garder en moi, puis je quitte ce lieu sombre pour une galerie libératrice qui s'élargie derrière mon appétit et devant ma taille jusqu'au moment où plus rien ne me nourrira ici. Il faut sortir, sortir au jour. Retour impossible la galerie est trop petite. Peur du jour et envie de chaleur et de lumière. Ces mineurs quittent leur corridor, un à un, la mine va fermer. Ce chantier est fini, plus rentable peut être ou simplement fini.

Sortir un à un et retrouver les autres des galeries d'à côté, aussi sombres que moi, aussi marqués d'avoir creusé, poussé, buriné, sué à la recherche de cette matière vitale. Il fallait l'extraire, la chercher, la découvrir, la comprendre et l'extraire. Les cernes sous les yeux, les épaules courbées par la charge, le regard parfois ailleurs, dedans ou à l'horizon, chacun a trouvé sa vérité. Chacun un long train, où les wagons chargés font ralentir le convoi, lui donnent de l'inertie, comme le flot épais et blanc qui parcours l'urètre avant d'être éjecté, alors que le corps et le cerveau s'agitent dans des images fantomatiques, fantasmagoriques. Lente inertie du miel chargé de vie. Vie devant soi. Train de vie.

Sortir du puits, à la lumière, à la vie. Les mineurs se retrouvent, sans se dire les méandres, les couloirs parcourus. Chacun sait que la galerie voisine était aussi rugueuse et profonde, aussi ténébreuse et étouffante que la sienne. Chacun sait pour l'avoir éprouvé la valeur de l'histoire de l'autre mineur. Sept mineurs, mineurs de grand fond, de coups de grisou, de lueurs étranges apparues au détour d'un virage font surface avec l'envie de faire quelque chose ensemble, de s'épauler. Leur fierté est au fond de la mine, ils l'ont laissé comme un vieux bleu de travail usagé, elle n'est plus importante.

Le soleil se lève, il promet d'être chaud. Le monde qui s'ouvre devant eux est nouveau. Nouveau peut être pas, mais différent, car ils vont y passer beaucoup de temps, bien plus que de manger et de dormir, comme les larves d'avant. Ils vont y vivre pleinement. Tels des explorateurs, des Christophe Collomb, ils vont le découvrir ce nouveau monde fascinant et inquiétant. Le comprendre et s'y adapter. Chercher un nouveau chantier, un nouveau métier ou une nouvelle vie. Des découvertes heureuses, il y en aura. Des dangers aussi irrémédiables qu'un coup de grisou, il y en aura aussi.

La roue grinçante finalement se tait, la grille du monte-charge lance un dernier cri métallique, les reliant encore une fois à l'obscurité des profondeurs. Nos sept mineurs mettent le pied à terre…


(Métaphore pour lancer une dynamique de groupe)



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