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Nom du blog :
leshistoiresderemi
Description du blog :
Métaphores créées pour accompagner équipes ou organisations dans leur développement...
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
17.03.2007
Dernière mise à jour :
26.06.2007
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2 Metaphores professionnelles

01 - Fourmis et Dragon

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
C'est un territoire sauvage, riche en paysages : montagnes verdoyantes et spectaculaires, gorges profondes, falaises abruptes, plaine accueillante, torrents bouillonnants…

Sur ce territoire vit un bel animal, qui possède plusieurs têtes, onze. Une espèce de dragon, mais celui-ci ne crache pas le feu, il n'est pas agressif. Cet animal, seigneur des lieux vit à proximité d'autres sur les territoires voisins, ils sont de la même espèce que lui.

Sa peau a une faculté étrange : lorsque ses têtes sont en accord entre elles, elle prend une belle couleur chaleureuse, visible de loin, incroyablement lisse et nette. Lorsqu'une divergence d'esprit, d'orientation survient, sa peau craquelle, perd sa couleur, celle-ci s'estompe, devient pastel jusqu'à la transparence, ces contours s'amenuisent, la présence de l'animal diminue sur son territoire. C'est très dangereux, la nature a horreur du vide.

Sur ce territoire vit une quantité de fourmis, mais point de véritable fourmilière, plutôt un espace de transit, de passage pour certaines d'entre elles. Pour d'autres, les nouvelles arrivantes, un lieu de tranquillité loin de ces mêmes fourmilières agitées qui bordent le territoire. Bien sûr des fourmis de souche vivent sur place, mais plutôt disséminées, rarement en fourmilière digne de ce nom.

Ces derniers temps, le dragon regarde sa peau. Elle est pâlotte, distendue, ces têtes ont tendance, suivant les circonstances et les besoins, de s'écarter, seule ou à plusieurs, vers d'autres dragons, pour y vivre une aventure.

Pourtant, dernièrement, cette peau a repris de la couleur quand un tapir, mangeur de fourmis a voulut installer son nid sur son territoire, à la combe noire. Les fourmis se sont unies entre elles, puis avec celles des territoires voisins pour prévenir le dragon et éloigner le danger.

Ces fourmis reconnaissent comme leur chef ce dragon, elles sont attentives à son humeur, à la direction que prennent les têtes, à l'union ou la désunion de ces dernières. Les indicateurs les plus fort restent la couleur de cette peau et sa texture. Si par malheur la couleur s'affaiblit et que la peau se fendille, alors les fourmis s'inquiètent, diminuent leurs activités, perdent leurs repaires. Les ouvrières ralentissent le rythme, perdent leur énergie. Dans les couveuses, les soins et l'éducation sont délaissés… Les soldats, acteurs pour le bien être de leurs semblables, deviennent individualistes, dépensent beaucoup d'énergie seul, alors qu'ils savent que "l'union fait la force".

Aujourd'hui, notre dragon a repris sa couleur pâlotte et les fourmis s'ankylosent un peu. Les petits des fourmis, qui distinguent à peine le dragon (il leur faudrait une échelle), ne se voient pas faire une fourmilière ici, et puis être soldat ou ouvrière pour qui, pour quoi ?

(Métaphore pour accompagner une politique jeunesse locale)



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02 - Perdre le Nord !

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Ce n'est pas un océan, pas une mare aux canards non plus, c'est une mer. Une mer belle, en retrait des ouragans, protégée des requins par le lagon. Les courants marins sont chauds, le vent rare, l'endroit est agréable à vivre. D'ailleurs, personne ne s'y trompe, beaucoup de marins viennent y jeter l'ancre et de plus en plus.

Mais, c'est une mer particulière. Et il faut l'avoir expérimenté pour comprendre le phénomène. Avant, comme sur Terre, un pôle magnétique attirait les boussoles, toutes les boussoles. Naviguer était alors assez très simple !

Un jour cette force magnétique disparut, on ne sait pas pourquoi, mais elle disparut ! Drôle de période, les boussoles ont perdu "le nord". Ce pôle absent, les compas des marins sont attirés par d'autres pôles un peu plus lointains, un peu moins puissants et un peu plus nombreux. Pas deux boussoles qui disent la même chose !

Plus de pôle unique, mais des bateaux, et en quantité. Une dizaine de gros "genre paquebots", et une multitude de chalutiers, ferrys, canots, esquifs, radeaux, barques de toutes sortes…

Tous les capitaines sont des vrais chefs, aguerris, expérimentés, qui se sont fait tout seuls. La mer est un monde dangereux (sous l'eau et sur l'eau). Il faut des meneurs et l'important c'est le bateau ! Alors les bateaux ont tous des canons rutilants, toujours sortis, prêts à faire feu. Chacun croit en son pavillon, c'est le plus beau, le plus puissant et sa boussole la plus précise, la plus technologique, la plus…

Pourtant, il arrive que les capitaines s'entendent autour d'un projet commun : quand un requin a franchi la barrière de corail et qu'il risque de manger des moussaillons, ou bien quand une île au trésor est découverte et qu'il faut être nombreux pour la conquérir… ça ressemble à un nouveau pôle magnétique ? Mais ça dure un temps et les canons un jour ou l'autre ressortent !

Les moussaillons, eux regardent la mer. Ils aimeraient embarquer et la parcourir, apprendre à devenir marin, voir plus loin que le lagon, écouter le vent du large, tâter du requin, comprendre le fonctionnement de la boussole. D'ailleurs dans les jeux, dans leurs cabanes sur les îles, ils miment les batailles, ils fêtent les victoires, s'inventent des aventures. Mais se ne sont que des simulations, ils ne connaissent pas la mer. Personne ne leur apprend à fabriquer le bateau, à tailler une rame, à barrer comme un loup de mer. Les marins sont trop occupés à leur bateau le plus beau, à leur boussole la plus précise, à leurs canons les plus puissants !

(Métaphore pour acompagner une politique jeunesse locale)

05 - Pestiférés

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Au Moyen Âge, les seigneurs habitent dans une grande demeure solide et bien protégée. C'est le château fort.

Six tours sont construites selon une disposition toute particulière : deux tours jumelles au centre et en bas du vallon, Quatre autres dans des endroits stratégiques en haut ou à l'entrée du vallon… Ces quatre tours sont plus petites, mais comme elles sont reliées aux deux grosses, l'ensemble du territoire est bien gardé.

Au cœur de ce château, il y a un immense jardin cultivé par un jardinier de grand talent. Il cultive des fleurs splendides qui ont des pouvoirs bénéfiques. Personne ne s'y trompe, on vient de tout le royaume pour goûter à ces tisanes fortifiantes ; s'enduire de pommades miraculeuses ; prendre des potions prodigieuses…
Le talentueux jardinier est adulé mais très exigeant ! Il demande toujours plus de plantes rares ou des grimoires étrangers pour expérimenter de nouvelles recettes. Trouver des plantes rares et des grimoires coûte cher, il faut faire venir beaucoup de visiteurs pour acheter ces produits, et il faut beaucoup de résultats pour que les visiteurs aient envie de revenir et faire venir d'autres visiteurs ! C'est bien simple la vie du château est focalisée sur les caprices du jardinier, sur le bien être des visiteurs et sur la construction d'un rempart : ce qui est la même chose !

Entre les tours il y a le rempart. Ce rempart est en travaux ou en construction permanente ? C'est un mystère de ce lieu. Il n'est pas très haut, il ne monte pas vite, mais il est toujours en construction ! Il y a toujours des ouvriers qui scellent des pierres. Il y a toujours des seaux qui montent, des échelles qui se déplacent… Les travaux coûtent cher, le jardinier demande toujours plus, et le rempart se construit doucement, mais se construit. Au pied du rempart, à l'extérieur, des douves immenses et profondes emplies d'eaux saumâtres, grouillantes de crocodiles et autres créatures méchantes, empêchent toute personne non désirée de s'approcher. De qui se protège ce château ?
Un jour un étranger s'approche du château. Il fait le tour du rempart pour trouver l'entrée. Quand il arrive au pont-levis un soldat lui demande le but de sa visite, puis le poids de sa bourse et enfin son âge ? Les tisanes, il est riche et vieux !
L'étranger n'est pas surprit de ces questions, il connaît cette contrée par une chanson que des troubadours colportent loin au-delà du royaume. Dans cette chanson il est dit que ce château est à l'intérieur un écrin de santé, mais qu'à l'extérieur fourmille la vermine. Cette chanson parle d'une espèce de peste qui empoisonne la vie des habitants. C'est une peste criante, bruyante, criarde, assourdissante, perçante. Elle dérange les visiteurs, exaspère le jardinier. Pas moyen de s'en débarrasser. Elle est insaisissable, se déplace d'une personne à l'autre. Un jour on est pestiféré et un jour on devient bien portant et vieux !

Mais en attendant les pestiférés pestifèrent ! Certains se dissimulent et entrent dans la cours intérieur pour se mêler aux visiteurs. Mais ils se font repérer par leur bruit des soldats et ils sont chassés.
Le jardinier qui aime le calme a trouvé une arme : il fait venir des musiciens pour ces visiteurs. La musique qu'ils jouent est tellement bizarre que les pestiférés fuient. Tout le monde s'y met. Certains habitants clouent même des pancartes qui disent "nous on aime pas le bruit de la peste". L'étranger comprend le rempart.

Pourtant, les seigneurs aiment bien leurs sujets. Ils essayent régulièrement de prendre des mesures pour rendre la vie plus douce aux pestiférés. Une maison est construite à l'écart du château pour qu'ils se retrouvent. Un terrain d'entraînement pour les tournois est installé près de la rivière en aval du château… Il y a même dans le rempart, près des forges, une entrée dérobée qui donne accès à une bâtisse pour apprendre aux pestiférés ce qu'est la vie après la peste.

C'est pour ça qu'il est venu l'étranger. Pour voir ce château, ces seigneurs, ce rempart, ce jardinier, ses pestiférés… Il aurait pu venir plutôt, car la chanson il la connaissait depuis longtemps. Mais un, jour il a entendu parlé de paroles manquantes, d'histoire incomplète. Celui qui en a parlé, c'est un vieux fou, qui était pestiféré dans sa jeunesse. Alors, il lui a chanté de nouveau la chanson. L'étranger l'a écouté sans prendre gare au début, mais au dernier couplet une surprise l'attendait.

Ce couplet dit qu'une sorcière maléfique à jeté un sort à ce royaume : la peste. Et que ce sort disparaîtra quand les seigneurs auront trouvé, dans une oubliette, une recette magique. Mais la chanson dit aussi qu'il y a peut être dans l'oubliette un dragon qui sommeille.

L'étranger aimerait bien trouver cette oubliette…

(Métaphore pour accompagner une politique jeunesse locale)

03 - Totapen et Mercryl

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Dans une contrée lointaine aux confins du pays habite un seigneur nommé Totapen. Son domaine est immense, verdoyant, parcouru de ruisseaux bruissants. Dans les forêts où le gibier est riche et varié, quelques dragons sommeillent, quelques trolls s'amusent des étrangers.

Dans la contrée voisine de l'autre côté de la montagne habite un seigneur nommé Mercryl. Son domaine est immense, verdoyant, parcouru de ruisseaux bruyants. Dans les forêts où le gibier est riche et varié, quelques dragons sommeillent, quelques trolls amusent les étrangers.

Le château de Totapen est construit sur le contrefort d'une montagne. Il est visible de loin parce que imposant et d'architecture originale. Un rempart haut et blanc se détache sur la falaise.

Le château de Mercryl est construit au sommet de la montagne. Il est visible de partout parce que imposant et d'architecture austère. Un rempart haut et gris parsemé de meurtrières se détache sur le ciel.

En effet, chez Totapen tous les 50 mètres une porte. Une porte immense s'ouvre dans les deux sens. Il y a bien quelques soldats en poste sur le chemin de ronde qui surveillent les allées et venues, mais ils sont peu nombreux. D'autres soldats sont positionnés dans le pays près des frontières, au bord du fleuve, en haut des falaises… sans organisation visible, mais qu'on ne s'y trompe pas…

Et tous les 50 mètres chez Mercryl, sont postés les soldats sur le chemin de ronde, entre d'énormes chaudrons d'huile, toujours prêts à être enflammés. Dans la cour intérieure un deuxième rempart isole le donjon qui s'élève très haut au-dessus de l'édifice.

Les nombreuses portes sont utilisées par les habitants du royaume de Totapen qui entrent et sortent au gré de leurs occupations. Dans la cours se tient régulièrement le marché ou bien une fête. Evidemment quand un danger guette, les portes sont fermées et bien gardées par des soldats bien formés, bien nourris et bien payés, mais à vrai dire les attaques sont rares.

Une seule entrée possible chez Mercryl : un pont-levis imposant qui se baisse dans un bruit assourdissant de chaîne sur une porte massive puis, sur une herse. Dans la douve une eau saumâtre promet la noyade. La cour n'est accessible qu'aux porteurs de laisser-passer, elle est presque vide. Les soldats sont formés à la dure, punis sévèrement quand ils commettent une erreur, nourris le plus souvent de viande faisandée, de pain rassit (cela les rends hargneux !)et payés à l'arbalète.

Dans la campagne environnante, les habitants bien que pauvres aiment ce lieu, qui est un peu le leur. Le Seigneur Totapen est à l'écoute du pays, connaît son monde et fait certains gestes qui ne trompent pas : au lieu de faire venir les outils et les armes d'ailleurs il fait travailler le forgeron ; quand un voyageur lui rend visite, il lui fait goûter les mets locaux ; quand il fête un événement important pour son pays il invite tout le monde… Alors quand un étranger arrive, il est tout naturellement dirigé vers le château. Et quand c'est un danger qui survient, les habitants deviennent soldats et surgissent de partout.

Dans la campagne environnante chez Mercryl, les habitants sont pauvres et craignent ce lieu qui est synonyme en général d'impôts, d'ennuis, etc.… alors ils l'évitent, écartent les voyageurs de cette direction, et quand une attaque survient, ils coopèrent peu et puis un peu moins de soldats ça change rien à leur situation. Mercryl possède un trésor enfermé dans un coffre dissimulé dans une oubliette secrète (il a fait assassiner l'architecte et les maçons) et la clef de la porte coulissante de l'oubliette est cachée dans le gant droit d'une armure qui décore la salle du conseil.

Totapen n'a pas à proprement parler de richesse, son trésor est ailleurs.

Bientôt, le roi viendra visiter la terre de ses suzerains pour choisir celle qui servira de lieu à la grande fête du Jubilé, où seront conviés des centaines de visiteurs étrangers…

Totapen ou Mercryl ?

(Métaphore pour une formation sur le développement local)

04 - Chameliers

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Aux portes du désert, dans une lointaine cité saharienne, on trouve les échoppes de caravaniers en partance pour les méharées.

Les voyageurs louent des équipes de chameliers et de dromadaires, ainsi que la nourriture et l'équipement nécessaire pour ce voyage grandiose et déroutant. Les voyageurs ont le choix : chaque caravane a ses spécialistes, suivant la durée du voyage et la destination. Des voyageurs, il y en a de plus en plus…

Certains caravaniers ont des entrepôts gigantesques et superbes que l'on voit de loin. Ils haranguent le client, ont des costumes flamboyants. "Être vu, être entendu, être connu" : les clients se présentent nombreux. D'autres caravaniers s'occupent moins de l'échoppe que de leur savoir-faire, ils ne crient pas, mais comptent plutôt sur le "bouche à oreille" pour attirer le chaland. C'est ce savoir-faire et son bas prix qui m'ont amené chez eux.

Je pars pour la grande traversée. Au départ, les dromadaires sont chargés… Chargés d'eau pour une semaine avant le prochain puit,… Chargés de nourriture,… Chargés des sacs, des tentes, des matelas… Nourris … Nourris de quelques branches d'arbustes secs et rabougris, de quelques poignées de blé et abreuvés quand la tâche est finie, au prochain puit.

Nous partons. J'admire ce paysage magnifique et totalement nouveau : le sable à l'infini, le pas lent du dromadaire, l'immensité de l'horizon, les courbes sensuelles que forment les dunes, le chant mélancolique des chameliers, la finesse du sable doré, la douce chaleur du jour, la fraîcheur et la voûte étoilée de la nuit…

Au bout de quelques jours, après m'être absorbé de cette ambiance particulière, mon attention se porte vers les chameliers. Ils portent tous un chech blanc, noir ou crème, c'est un vrai signe distinctif, un uniforme.
Pour le reste on voit de tout. Les anciens portent des habits fatigués. Il semble qu'ils les portent tout le temps, au travail ou au repos contrairement aux plus jeunes, qui une fois le travail fini remettent les "nike", le blouson et le téléphone portable ! Les anciens ponctuent leur journée de prières, ils ne boivent pas d'alcool. Les plus jeunes ne dédaignent pas de partager un verre, oublient ou reportent à plus tard la prière.

Mais ce sont tous des chameliers chevronnés, proches de nous. Ils nous accompagnent et nous expliquent cet environnement fascinant. Ils nous préparent les repas ; font cuire la galette, le couscous ou la chorba ; nous servent le thé et nous parlent de leur pays, le soir autour du feu…

Un bon chamelier est celui qui a des dromadaires en forme et un chamelier riche est celui qui compte un nombre important de traversée…

Les jeunes qui aimeraient devenir chameliers, un jour ou l'autre, entendent parler de cette caravane, ils viennent nombreux ici pour apprendre et acquérir ce savoir-faire dont on parle à l'autre bout du désert.
Apprendre et acquérir... Apprendre à conduire les dromadaires, apprendre à naviguer de puits en puits sous le soleil de plomb ; apprendre à faire cuire la galette de blé à même le sable, apprendre à chasser le lièvre pour améliorer l'ordinaire ; apprendre à s'orienter pendant la tempête quand le sable vole à l'horizontal, à défier les scorpions ; apprendre à rassurer les passagers dans ce milieu qui peut devenir hostile de jour comme de nuit.

Apprendre est déjà un début de trésor pour un apprenti chamelier et constitue un solide savoir-faire pour un client.

Un soir autour du feu, en buvant le thé, un berger m'a raconté que dans certaines caravanes les apprentis viennent apprendre et repartent aussitôt, et qu'il faut sans cesse en former de nouveaux. Les jeunes apprentis partent attirés peut être vers d'autres caravaniers, ceux qui parlent fort, en costumes flamboyants dans les entrepôts gigantesques et superbes. Personne n'en est vraiment sûr, on ne sait pas ce qui se passe chez les autres caravaniers.

Le berger connaît depuis longtemps les chameliers et dans ce pays chacun d'eux pense que son savoir-faire constitue un trésor à protéger. Le berger me dit aussi que chaque chamelier pense que ce trésor n'est pas assez important. Alors, il fait travailler les autres à son accroissement, mais il lui faut veiller, surveiller pour en éviter l'hypothétique dispersion. Les chameliers ont souvent l'air fatigué et seul me dit encore le berger.

Plus tard, en fin de soirée, à l'heure où les gerboises sortent furtivement de leur terrier, le berger me raconte une étrange histoire qu'il tient de son grand-père. Celles de deux hommes qui errent dans le désert sans eau. Lorsque par hasard ils se croisent, ils se font croire qu'ils ont de l'eau dans l'espoir que l'autre partagera la sienne. Aucun ne peut étancher sa soif.

Cette nuit là, j'ai vu ces deux hommes en rêve …

Demain nous partons vers l'oasis que nous atteindrons dans huit jours, mais entre temps nous risquons peut être une tempête de sable m'a dit le berger…

(Métaphore pour accompagner un cabinet d'avocats d'affaires dans une démarche de cohésion et de développement)

06 - Mineurs Majeurs

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Anges poussiéreux couverts d'une poudre fine et sombre, ils sortent un à un d'un monte-charge suspendu à un câble tiré par une roue grinçante. Dernière remontée, peut être, mais ils retourneront dans ces profondeurs obscures de temps en temps, par la pensée au moins.

Ils en ont poussé des wagons dans ces boyaux interminables aux recoins inquiétants, parfois sales, parfois surprenants. D'abord creuser le puits, puis avec le temps, des galeries sous la surface et de plus en plus profond, pour y extraire des chariots de matière. Chacun dans son boyau, chacun derrière son wagon, chacun ses courbatures, chacun ses blessures.

Ils en ont pensé des choses, bonnes ou mauvaises, ressassé le passé, parier sur l'avenir. Ce boyau est mon boyau, ce que j'en retire me construit. Telle la larve de l'insecte dont l'œuf a été pondu entre le tronc et l'écorce, c'est là que je me suis construis. De cette coquille restante me reste le souvenir d'une histoire. C'est cette coquille qui m'attache à ce passé. Je la mange, m'en nourri pour la garder en moi, puis je quitte ce lieu sombre pour une galerie libératrice qui s'élargie derrière mon appétit et devant ma taille jusqu'au moment où plus rien ne me nourrira ici. Il faut sortir, sortir au jour. Retour impossible la galerie est trop petite. Peur du jour et envie de chaleur et de lumière. Ces mineurs quittent leur corridor, un à un, la mine va fermer. Ce chantier est fini, plus rentable peut être ou simplement fini.

Sortir un à un et retrouver les autres des galeries d'à côté, aussi sombres que moi, aussi marqués d'avoir creusé, poussé, buriné, sué à la recherche de cette matière vitale. Il fallait l'extraire, la chercher, la découvrir, la comprendre et l'extraire. Les cernes sous les yeux, les épaules courbées par la charge, le regard parfois ailleurs, dedans ou à l'horizon, chacun a trouvé sa vérité. Chacun un long train, où les wagons chargés font ralentir le convoi, lui donnent de l'inertie, comme le flot épais et blanc qui parcours l'urètre avant d'être éjecté, alors que le corps et le cerveau s'agitent dans des images fantomatiques, fantasmagoriques. Lente inertie du miel chargé de vie. Vie devant soi. Train de vie.

Sortir du puits, à la lumière, à la vie. Les mineurs se retrouvent, sans se dire les méandres, les couloirs parcourus. Chacun sait que la galerie voisine était aussi rugueuse et profonde, aussi ténébreuse et étouffante que la sienne. Chacun sait pour l'avoir éprouvé la valeur de l'histoire de l'autre mineur. Sept mineurs, mineurs de grand fond, de coups de grisou, de lueurs étranges apparues au détour d'un virage font surface avec l'envie de faire quelque chose ensemble, de s'épauler. Leur fierté est au fond de la mine, ils l'ont laissé comme un vieux bleu de travail usagé, elle n'est plus importante.

Le soleil se lève, il promet d'être chaud. Le monde qui s'ouvre devant eux est nouveau. Nouveau peut être pas, mais différent, car ils vont y passer beaucoup de temps, bien plus que de manger et de dormir, comme les larves d'avant. Ils vont y vivre pleinement. Tels des explorateurs, des Christophe Collomb, ils vont le découvrir ce nouveau monde fascinant et inquiétant. Le comprendre et s'y adapter. Chercher un nouveau chantier, un nouveau métier ou une nouvelle vie. Des découvertes heureuses, il y en aura. Des dangers aussi irrémédiables qu'un coup de grisou, il y en aura aussi.

La roue grinçante finalement se tait, la grille du monte-charge lance un dernier cri métallique, les reliant encore une fois à l'obscurité des profondeurs. Nos sept mineurs mettent le pied à terre…


(Métaphore pour lancer une dynamique de groupe)

07 - Un enfant pas reconnu

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Dans une région de montagne vit un géant. Un géant normal ni bon ni mauvais, normal. Ce géant vit dans une grotte sombre avec femme géante. Femme géante est sourde et muette, elle communique par gestes, par râles et le plus souvent se tait, n'en pense pas moins et passe à l'action. Homme géant lui parle, décide, pèse le pour, le contre, protège femme géante, la grotte, les réserves… Il y a parfois des cancrelats qui s'attaquent aux réserves et homme géant ne comprend pas pourquoi les hirondelles qui nichent dans cette grotte ne les mangent pas.

Un jour femme géante se plaint de son ventre, elle a mal au cœur, mal au corps… des nausées. L'enfant des géants naît au fond d'une grotte, à l'abri des regards. C'est rare dans ce pays qu'un enfant de géant naisse ! Bien sur, ça se sait dans la région. Mais homme géant et femme géante n'étant pas habitué restent assez discret.

Ce petit grandi. "Il n'est pas très agile" dit homme géant, "il ne sait quoi faire de ces 10 doigts". Alors homme géant explique longuement, indéfiniment à son fils comment on devient grand, droit et fort, ce qui énerve femme géant qui ne parle pas mais qui voit bien. Donc elle râle puis prend les choses en mains et aide son petit, ce qui énerve à son tour homme géant et pour finir cette ambiance fait fuir l'enfant. Alors il file dans les bois ou dans sa grotte pour observer les insectes multicolores et autres cancrelats qu'il connaît parfaitement ou pour tresser des cordes avec des plantes qu'il trouve dans ces promenades. Il a apprit ça de sa mère.

Laissant le plus souvent ses parents à leurs discussions interminables, il vit sa vie et devient agile, très agile. En fait, il a des doigts d'or. Doigts d'or qu'il agite pour créer des cordes, tisser des liens solides, souples et durables. Mais tout ça se passe dans les bois ou au fond de la grotte, en tous cas en dehors du regard d'homme géant qui parle du talent qu'ont les tresseurs de cordes alors que lui son fils lui, ne sait quoi faire de ces 10 doigts !

L'enfant géant aime ces cordages qu'il met du temps à tisser dans sa grotte. Il fait des liens, des toiles qu'il troque à des étrangers. Le troc marche bien et on vient d'autres vallées pour le regarder faire, pour apprendre de lui. Alors petit à petit cet enfant de géant prend confiance en lui et temps en temps s'énerve contre ses parents, qu'il aime malgré tout, mais qui ne reconnaissent pas son agilité, tout occupés qu'ils sont, lui à pérorer, elle à se questionner sur comment expliquer à son homme, eux à se mettre d'accord sur ce qu'ils vont faire de ce fils peu agile ou très agile suivant le parent concerné…

Un jour fils géant dessine sur le sol de la grotte ce qu'il sera plus tard, entouré d'autres géants dans une grande et belle boutique de liens, de cordages et aussi de boites emplies d'insectes multicolores. Plus tard, femme géante trouve ce dessin, son visage s'illumine ! Elle vient de trouver un moyen de communiquer. Alors elle apprend à dessiner pour faire comprendre à homme géant que son fils a du talent, qu'il a des doigts d'or et qu'il est temps de le voir, pour faire comprendre à son fils que son père n'est pas un bougre.

Mais son dessin est hésitant et homme géant qui parle beaucoup ne regarde pas bien. Femme géante ne se décourage pas, elle se dit qu'il lui faut trouver de l'aide. Oui, mais à qui faire appel ? Aux voisins, aux clients de son fils ? Et puis que va-t-il se passer avec son homme et que va-t-il se passer avec son fils ? Les écoutera-t-il après être allé ailleurs ? S'occupera-t-il d'eux quand ils seront vieux ? Et si il part les cancrelats risquent-ils de revenir ?

(Métaphore pour l'évaluation d'une organisation)

08 - Le jardin

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Quand on m'a demandé de réfléchir sur le thème de cette journée "Comment travailler ensemble au bénéfice de tous les jeunes", en remontant chez moi en Chartreuse dans ma voiture, j'ai pensé à cette idée de territoire, de travail commun, d'expériences et de savoir-faire et arrivé à la maison machinalement je suis allé dans mon jardin. Souvent, je vais à mon jardin quand je rentre du travail. C'est un jardin après l'hiver, un peu en bataille. Mais il fait beau, ça sent bon, c'est le printemps, l'air est frais et le soleil chauffe déjà fort. Un peu plus loin au fond du prés, il y a le ruisseau qui coule.

Mon jardin, c'est une longue histoire. C'est un petit terrain entouré de framboisiers, adossé au talus près de la maison, à l'abri du vent et bien exposé. Voilà pour le lieu, mais il y a aussi une autre dimension, celle du temps : le temps qu'il fera, le temps du travail annuel du printemps à l'automne et aussi le temps de l'expérience de plusieurs années.

La première fois que j'ai jardiné c'est à cause de mon voisin. Au printemps, je le vois s'agiter. il gratouille, bêche, ratisse… alors il me donne envie d'essayer. Donc j'achete un outil ou deux, quelques graines, quelques plants et me voilà parti pour faire pousser de beaux légumes gorgées d'eau, des salades craquantes et des herbes odorantes. Donc, à mon tour je retourne la terre puis je sème et je plante. De l'eau, du soleil il n'y a plus qu'à attendre c'est assez simple. Le soleil donne et les salades poussent ! Mais les limaces arrivent avant moi ! Alors le voisin me dit de mettre des granules bleus pour protéger mes salades. Je ne savais pas qu'il fallait protéger ! Alors je mets les granules et les salades pomment.

Le 2ème année, je plante des fraisiers. La neige vient de fondre, le sol se réchauffe. Le voisin me dit "si tu plante des fraisiers il va falloir les protéger du gel, mets un voile". Il a raison, quinze jours après, la neige tombe et le froid reste un long moment. Un autre conseil qu'il me donne c'est de mettre du fumier pour enrichir le sol. Les légumes : il me dit, c'est comme les jeunes, il leur faut de l'énergie et si on aide pas le sol, il s'épuise. Alors je mets du fumier et j'ai de beaux radis, des beaux poireaux. J'oublie pas les granules et j'oublie pas biner car "3 binages valent 1 arrosage !" J'ai un sacré voisin !

La 3ème année j'ai envie de légumes différents. Des poivrons, des aubergines, des tomates… pour faire de bonnes ratatouilles. Mais en montagne c'est impossible à moins d'une serre. Donc j'en fais une. La terre y est noire, fine et légère, le soleil est bienvenu et il fait vite chaud. J'installe de grands tuteurs, bien solides pour permettre à ces jeunes plants de grandir dans de bonnes conditions et de faire des fruits colorés et parfumés. Et puis dans la serre, tous les semis y passent un moment pour démarrer dans la vie. C'est l'étape qui garantie la réussite. Mais il y a toujours quelques limaces, papillons et autres parasites qui forcent quand même l'entrée. Même là il faut protéger.

La 4ème année. Une nouvelle découverte. Un trésor ou un esprit bienveillant, le compost. L'année précédente dans un magazine j'ai découvert que tous les déchets végétaux peuvent être recyclés et constituent un engrais de grande qualité. Alors tout le monde est assigné à la maison pour trier les déchets. Au jardin, je fais de même. J'aime bien l'idée que l'expérience d'hier passe d'une année sur l'autre, comme une mémoire des plantes et des aventures. Un passage d'énergie de la génération précédente à la génération présente. Les légumes seront encore meilleurs !

L'année dernière, ma femme me dit qu'elle mettrait bien des fleurs dans ce jardin. J'ai jamais pensé à un truc pareil ! Les fleurs je les vois bien dans les prés, en montagne mais dans mon jardin ? Elle met des soucis, des centaurées, du myosotis près des framboisiers pour éloigner les vers, et surtout elle met des tâches de couleurs au milieu des plants, au bord des allées. Ce jardin devient présentable, il donne envie de le faire voir. Et mes garçons, qui veulent participer me font des pancartes pour dire ce qui pousse dans ce carré ou dans cet autre. Ça devient un jardin collectif, le voisin, moi, ma femme, mes gosses, les livres, le marchand de graines… et les visiteurs.

Cette année, je me suis dit "Comment jardiner de façon élégante pour obtenir de beaux légumes". Ça demande de réfléchir, de faire le point des connaissances, des expériences, ça demande de ne pas se précipiter ! Et puis j'ai pris conscience de plusieurs trucs :
- Qu'il faut passer beaucoup de temps à protéger, mais ce temps me permet de connaître parfaitement mes plantes. Et de réagir quand il est encore temps.
- Qu'il faut combiner les engrais, les insecticides, le fumier et la surveillance journalière.
- Qu'il faut connaître les lois de la nature pour en utiliser les bénéfices sans agresser par des traitements lourds en conséquences écologiques.
- Que les fleurs, les décorations ont leur place dans mon jardin et même que quand je mange ma récolte j'ai en tête l'image coloré de mon potager !

Cet été mon jardin sera beau et mes récoltes fructueuses ! D'ailleurs, l'Almanach du Vieux Savoyard a dit qu'au jardin, cette année serait exceptionnelle pour qui saurait déjouer les intempéries et les envahisseurs !
Je me sens prêt !
Et vous ?

(Métaphore pour le travail en commun de deux services institutionnels)

09 - Un beau spectacle

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Le jour où l'on m'a demandé de préparer ce travail autour d'un réseau , j'ai laissé flotter ma réflexion, me demandant comment j'allais aborder cela. Un peu plus tard, rentrant chez moi et traversant la ville, je vois des affiches annonçant le passage d'un cirque. Sur ces affiches je découvre des artistes que j'ai connu autrefois.

Il y a 26 ans, j'en avais 18, je suis parti travailler dans un cirque comme électricien. Le cirque dont je vous parle c'était celui d'Achille Zavatta. J'avais 18 ans, il en avait 63. Il démarrait un nouveau projet : un grand chapiteau, son premier. Cette affiche m'a replongé dans cette ambiance et cette ambiance bizarrement m'a fait penser à vous ! Je me suis rappelé du spectacle et de ce qui l'entourait, et je pris conscience qu'un beau spectacle ça ne voulait pas dire la même chose qu'on soit artiste, monteur ou spectateur. Et c'est ça que j'ai envie de vous raconter maintenant.

Pour les chauffeurs, un beau spectacle c'est quand ils arrivent le matin avant l'aube, quand la ville dort et qu'ils s'installent sans bruit sur la place, rangeant les semi-remorques les uns derrière les autres, les plus beaux devant, autour de l'espace où tout à l'heure se montera le chapiteau.

C'est le soir, à la tombée de la nuit, quand les guirlandes lumineuses éclairent leurs camions multicolores et que l'on perçoit derrière eux les clameurs du spectacle. Camions bien rangés, puissants, rutilants qui brillent et en imposent ! Remparts à franchir pour pénétrer dans cette ville itinérante, pour partir en voyage immobile, pour entrer en féerie.

Un beau spectacle pour les monteurs c'est autre chose. C'est le bitume du matin qui n'est pas trop dur, pour pouvoir montrer aux badauds curieux, la valse régulière et puissante des masses, quant à huit ils enfoncent un pieu. Un beau spectacle, c'est quand les mats s'élèvent lentement, délivrés de leur pesanteur par les tirforts monstrueux.

C'est quand, après l'avoir déchargé de la remorque, ils déroulent et étendent la toile du chapiteau au milieu de la place. Quand ils passent les lacets dans les œillets pour attacher les différents morceaux de toile avant de la suspendre aux câbles qui l'élèveront vers le ciel, telle la robe monumentale d'une belle femme qui sera accueillante ce soir !

Un beau spectacle c'est encore après la représentation, quand celle-ci continue par le démontage des gradins avant que tous les spectateurs aient eu le temps de sortir, par la mise à terre des piquets, de la toile et des mâts. C'est encore quand, vers deux heures du matin, ils peuvent aller boire un dernier verre avant de s'écrouler sur la couchette du camion pour un court sommeil qui les conduira à l'étape suivante.

Un beau spectacle pour certains monteurs et chauffeurs, c'est quand ils troquent leur bleu crasseux pour la tenue flamboyante et dorée de pisteur. Quand ils apparaissent sur la piste auprès des artistes, devenant par cette proximité et cet habit, artistes eux-mêmes. Quand ces deux heures de scène leur font oublier les courbatures, le cambouis, les coups de gueule… et les font devenir hidalgo pour les spectatrices.

Pour les électriciens, un beau spectacle c'est quand le matin, les monteurs n'ont pas trop bu la veille, pour que le montage du cirque ne dure pas la journée. C'est quand toutes les caravanes sont branchées, à commencer par celle d'Achille ; quand les cuves du chauffage et des groupes électrogènes sont pleines de fuel. Quand tous les câbles électriques sont déroulés sur la place et dans le chapiteau tels les veines et artères de ce corps magnifique qui vibre du matin au soir.

Un beau spectacle d'électricien, s'est quand la nuit tombe et que leur savoir-faire éclate à la ronde : les guirlandes multicolores, les lampadaires perchés en haut des quatre mâts, le ronronnement des groupes électrogènes.

Et puis, évidemment c'est quand le public s'amasse sous le chapiteau autour de la piste. Quand l'électricien joue avec les lumières : de l'auréole de la poursuite sur la gracieuse trapéziste, aux pleins feux sur un numéro de monocycle ou de lions. De la lumière neutre aux éclairages colorés créant des ambiances particulières. De l'obscurité pour faire naître le suspens, l'inattendu ; pour faire monter la tension.

Un beau spectacle pour l'électricien c'est encore quand le son et la musique résonnent juste, sous le chapiteau. Quand le cirque s'installe dans un pré, le son créer l'intimité, quand il s'installe sur du ciment le son devient bruit difficile à maîtriser, mais c'est là qu'on voit l'expert !

Un beau spectacle pour un artiste, c'est quand les muscles sont préparés, quand le public est réceptif, que les admiratrices rêvent de ces voyageurs perpétuels, leur corps d'athlète ou que les admirateurs se régalent des belles femmes aux habits de lumières, aux sourires généreux.

Un beau spectacle pour le dompteur, c'est quand ses fauves ont bien mangé avant le numéro (et non pendant), quand le matériel de voltige a été vérifié pour le trapéziste. C'est quand le clown ou l'illusionniste ont préparé leurs effets de surprise, petites ou grosses ficelles. Un beau spectacle, c'est déjà le prochain pour la famille d'artistes. Quand ils se sont tous entraînés l'après midi au nouveau numéro pour la saison suivante.

Un beau spectacle pour le directeur, c'est quand les affiches ont précédé leur arrivée. Quand la parade peut passer en centre ville pour attirer les amateurs. Quand l'emplacement du cirque est au cœur de la cité.

Un beau spectacle pour le directeur, c'est quand il y a des numéros originaux, spectaculaires, internationaux, uniques, pas chers et … des loges, des gradins pleins à craquer.

Mais c'est surtout quand les chauffeurs, les monteurs, les électriciens et les artistes travaillent ensemble, chacun à sa place sur la piste ou derrière le rideau, concentrés vers un projet unique, le spectacle de ce soir,… qui les nourrira tous !


(Métaphore pour la cohésion d'une équipe)

10 - Ethnologie sur île flottante

Posté le 17.03.2007 par leshistoiresderemi
Pour nous aider à travailler aujourd’hui, je vous propose d’abord de partir en voyage. Un voyage d’île en île. Un voyage d’ethnologue. Nous sommes ethnologues.

Nous embarquons sur une belle goélette et la place que je vous propose est en haut du mât pour mieux voir. La mer est calme, le ciel dégagé et la bonne humeur règne sur l’embarcation. Sur la carte marine, nous avons repéré trois îles, sur notre route : l’île du Corail, l’île de la Palmeraie et l’île de l’Antre. Elles sont peu éloignées les unes des autres, mais d’après ce que l’on sait, suffisamment pour que les populations ne se connaissent et communiquent entre elles.

Dans leurs carnets de voyage, les aventuriers décrivent ces îles comme grandes, belles, aux forêts luxuriantes, aux plages de sable fin plantées de palmiers ombrageux et aux grottes profondes, fraîches et obscures. Les habitants sont considérés comme chaleureux, accueillants, à la peau dorée et au sourire naturel.

Ils vivent de pêche, de chasse et de cueillette. L’autarcie règne, tout est huilé depuis la nuit des temps. Ces îles sont loin de tout et la civilisation que nous appelons moderne n’est pas parvenue jusqu’ici. Ce sont des terres vierges, retirées du monde, retirées du temps. A la lecture de ces récits, on pourrait imaginer que ces îles sont semblables, copie conforme les unes des autres. Mais, notre voyage va nous faire découvrir des choses curieuses.

Le cadre de vie se ressemble, mais les habitudes des populations ne sont pas toutes les mêmes. Dans les récits de campagne d’un ethnologue célèbre du siècle dernier (notre père à tous, nous sommes ethnologues), nous découvrons qu’en matière d’alimentation et de préparations culinaires les approches diffèrent profondément. Mais de cela, le chercheur n’est pas surpris. Il l’explique par l’éloignement des îles, par les ressources locales et les croyances à des divinités provenant de la mer pour les uns, de la forêt pour d’autres, ou des grottes pour les derniers. Ce qui surprend notre ethnologue c’est que la bonne santé règne apparemment sur chacune des îles et que les centenaires y seraient légion. Hélas, le constat de l’ethnologue s’arrêtera là, car un requin peu élégant, irrévérencieux, inculte et affamé l’a empêché d’aller plus loin dans ses investigations.

Et c’est le but de notre voyage. Continuer l’étude de ces populations sur ces îles. Laboratoire vivant. Nous serons des observateurs discrets comme le veut la tradition et la règle de notre école.

Sur la première, l’île du Corail, les habitants sont tournés vers la mer, mais pas la mer lointaine, celle du lagon. Au-delà c’est trop rude, malfamé et agité. La mer est abondante en poissons, crustacés multicolores et en algues gluantes très recherchées car très goûteuses. Les poissons sont mangés crus ou séchés et roulés dans des algues, les crustacés grillés. Les dattes et noix de coco offrent le sucre. Dans la forêt on y va pas ! Elle est peuplée de monstres hurlants et l’obscurité des sous bois effrayent ces marins de lagunes. Certaines années sont plus difficiles pour se nourrir. La mer est parfois ingrate et la peur de la forêt provoque la famine qui décime la population.

Sur la seconde, l’île de la Palmeraie, la mer est inaccessible, ou alors qu’à quelques endroits exposés aux embruns, escarpés et terrifiants. C’est donc la forêt qui est occupée par la peuplade locale. Les arbres sont sacrés et vénérés lors de rites joyeux. Chacun d’entre eux connaît les fruits juteux et sucrés, les plantes vénéneuses. Chacun se méfie des serpents et autres animaux poilus, piquants, répugnants… La chasse est un art que l’on apprend en famille. Les viandes sont le plus souvent cuites au feu de bois ou dans l’eau. On les mange avec des fleurs et des fruits au goût poivré ou amer, sucré ou acide. Parfois certaines années sont plus difficiles pour se nourrir. La forêt est parfois ingrate et la peur de la mer provoque la famine qui décime la population.

Sur la troisième, l’île de l’Antre, les îliens sont peu portés vers la mer ou la forêt. Bien que ces milieux ne leurs fassent pas très peur, ils préfèrent les grottes. Il y fait frais, on y est à l’abri quand le cyclone gronde, l’eau douce y est abondante, les chauves-souris succulentes (et contrairement à une idée reçue, surtout les membranes). Les plantes grimpantes accrochées aux falaises extérieures leurs offrent de gros fruits gorgés d’eau et de soleil. Et la position dominante de l’entrée de la grotte leur donne une vue dégagée sur le large et sur l’île. Certaines années sont plus difficiles pour se nourrir. Les chauves-souris meurent de maladie, la mer est trop éloignée et la forêt mal connue. Tout cela provoque la famine qui décime la population.

Nous parcourons ces trois îles, collectant des plantes, moulant des empreintes, explorant des cavités, des criques, la canopée. Les techniques de pêche de chasse et de cueillette sont inscrites dans nos carnets, les recettes testées. Le trésor ethnologique de nos découvertes nous enthousiasme et nous débattons sans fin, le soir tombant autour du feu, fumant un bout de liane qui nous met parfois en contact avec leurs divinités ! Nous prenons conscience que chaque île a sa richesse en ressources locales, en méthodes émanant de la tradition millénaire… et puis parfois, tard dans la nuit, peut être à cause des lianes ou de certaines épices, l’idée vient de réunir ces trois approches pour éviter ces famines désastreuses.

Evidemment, notre voyage intrigue ces insulaires et notre déontologie en souffrira profondément. Ce qui est grave, c’est que le cours naturel des choses et les coutumes séculaires s’effritent et se transforment sous nos yeux, malgré nous et malgré les divers protocoles mis en place.

Ceux de l’île du Corail, sachant que nous allons vers les deux autres, s’intéressent aux carnets de relevés et découvrent que les autres peuplades ne vivent pas comme eux. Cela les intrigue, les questionnent. Certains d’entre eux veulent embarquer avec nous. Ce que nous refusons, c’est déon-tolo-giquement inacceptable ! Après coup, nous ne sommes pas certains que des clandestins n’aient pas embarqués !

Ceux de l’île de la Palmeraie entendent nos conversations sur les découvertes de notre étape précédente et prêtent l’oreille, nous interrogent, s’approchent de nos vivres, nous regardent manger,… Ils sont agités la nuit et nous pensons même qu’ils pratiquent des plats à base de produits jamais utilisés jusque là ! Il y a des odeurs suspectes qui ne trompent pas.

Ceux de l’île de l’Antre, qui ne sont pas né du dernier cyclone, nous accueillent les bras ouverts, nous parlent de l’explorateur du siècle dernier, celui qui aimait le poisson et qui leur avait déjà parlé des autres îles. Il leur avait dit qu’il reviendrait, mais ils l’attendent toujours. Pour eux, il serait important de rencontrer les autres peuplades. Cette idée a fait son chemin depuis la disparition prématurée de l’ethnologue, mais ils n’ont pas les moyens de se déplacer sur ses mers incertaines, hostiles et parfois déchaînées, au-delà de la lagune. Ils nous implorent pour les aider à éliminer les famines.

Et voilà, nous en sommes là devant cette demande, avec nos connaissances…


(Métaphore pour construire un réseau)
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